Aujourd’hui c’est dimanche…

Aujourd’hui c’est dimanche, et je n’ai pas pris le premier verre.

Ca parait un peu con, dit comme ça… mais…

Il y a avant, et ce pendant très longtemps, tout mon monde gravacillait* (plus ou moins) gaiement autour de l’alcool: mes histoires, mes anecdotes, les paroles de mes chansons, mes randos, mes répètes, mes ballades de chien, mes bivouacs, mes courses à la supérette, mes écris, mes séances d’escalade, mes déplacements pro… et bien entendu mes repas, mon pseudo de musique, mes soirées, mes relations, mes sorties, mes passages sur scène, mes pauses de midi, de quatre heures, de six heures, mes angoisses du soir et du matin, mes barbeuks entre voisins, mes vacances et meme ma vie de couple, dans le moindre de ses aspects!

Youhou!

Pour m’apercevoir enfin, un jour anonyme de 2009, que mon copain m’avait faisandé: il ne m’apportait plus de fous rires ou de folles envolées lyriques, il ne m’aidait plus à faire le premier pas vers  »l’autre », il ne me mettait plus la patatte de jusqu’à-8-heures-du-mat-et-ça-repars…

…Et meme bien pire, en y repensant bien, il ne l’avait jamais fait, jamais il ne s’était acquitté de la moindre dette, de la plus infime contre partie constructive ou agréable, truandé-fait-marron depuis le début: les fous rires forcés et les monologues chiants n’avaient de tous temps été qu’exagérations fatiguantes et pamphlets enflammés de peu de cohérence, soyons honnetes, la convivialité s’était le plus souvent bornée à forcer la rencontre avec d’autres éthylo-compatibles de manière plus ou moins heureuse, en monopolisant le crachoir sur tous les sujets du mooonde, pour donner le change de l’ennui entre adultes finalement pas si consentants, et la sainte peche endiablé du lapin duracell s’apparentait clairement dès les départs adolescents, leurs vomissements, les courbatures et bleus énigmatiques du lendemain à du simple et triste acharnement physiologique.

Je me suis fais virer par des videurs, des employeurs avisés ou des amoureuses écoeurées plus qu’à mon tour et pas mal de cicatrices à la tete, sur les doigts et dans les coeurs de mon entourage auraient pu etre évitées.

Je me suis comporté comme une merde avec mes amis, les vrais, que j’ai très méritoirement perdus, à force.

Je me suis mis en danger, j’ai mis les miens en danger en m’en sortant toujours avec une chance insolente, quelques petits bobos, l’indulgence génée de mes proches et de sincères regrets  pour mes emportements, pour mes excès, bref pour hier, quoi.

La vie d’un alcoolique est assez binaire finalement, il y a  »l’avant » et  »le maintenant »…  »l’après » on préfère ne pas trop l’évoquer, rapport à l’incertitude assez angoissante de la chose.

 »L’avant » est une période très longue, très dense et plutot dure à porter, que je préfère réserver à mes collègues des AA.

 »Le maintenant », tout juste sortit de l’oeuf va faire sourire les vétérans, hausser les sourcils de  »ceux qui savent » ou les épaules de ceux  »qui gèrent ». Il a juste le mérite d’etre  »maintenant », en construction, en voie de développement. Il se fraie un chemin entre les proches, les médecins, les bonnes ames, les ames moins bonnes, les AA, les conseils, les psy, les démons et les mirages, les petites victoires et la peur omniprésente de la  »grande défaite » qui serait d’y renoncer, ne serait-ce qu’un instant, ne serait-ce qu’une fois.

Mais bon, c’est pas parce qu’un truc est un peu effrayant qu’on abandonne, n’est-ce pas ? Alors, allons-y!

On s’en jette un ptit dernier… pour la route ?

 

*gravaciller (v.): graviter en vacillant.

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